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Paris - Londres : carnet d'une liaison

Julien Hirsinger
08/03/2019

La ligne Paris-Londres fête ses 100 ans. Depuis l'avènement d'Eurostar, le train a pris l'avantage mais l'avion n'a pas dit son dernier mot. Zoom sur les évolutions d'une ligne majeure, malgré l'incertitude du Brexit.


Faudra-t-il bientôt se résoudre à traverser la Manche à la nage ? "No plane, no train" : depuis la rentrée 2018, les négociateurs du Brexit agitent en tout cas les perspectives les plus sombres pour pousser à un accord rapide sur l'organisation pratique des liaisons aériennes et ferroviaires entre le Royaume-Uni et le continent. 

Evolution des formalités à accomplir, liste des transporteurs autorités à concourir : dans la dernière ligne droite avant l'échéance fatidique du 29 mars, le brouillard reste encore épais pour les passagers réguliers de la ligne Paris-Londres. 
Pour autant, au-delà des annonces apocalyptiques, il est encore temps de se poser sereinement cette question : y a-t-il quelque intérêt, pour qui que ce soit, à remettre durablement en cause le bon fonctionnement de cette ligne essentielle qui relie les deux seules global cities d'Europe ? 

Du côté d'Eurostar, en tout cas, on ne semble pas s'affoler outre mesure : 
"A ce stade, nous prévoyons de maintenir les services et le calendrier existants", annonce le transporteur.

Puisqu'il n'y a rien à voir, autant continuer à circuler... 

Une place pour l'avion

Commençons par revenir sur nos pas. Paris - Londres... L'histoire est désormais centenaire. Le 8 février 1819, douze passagers embarquaient à bord du Goliath II de la société Farman pour le premier service de liaison internationale au monde, reliant les aérodromes de Toussus-le-Noble et de Kenley, à une vingtaine de kilomètres au sud de la capitale britannique. 
La ligne aérienne Paris - Londres était née; elle n'allait plus arrête sa folle envolée, jusqu'à tutoyer les 4 millions de passagers en 1994. 

C'est alors qu'un train lui est passé dessus... Du lancement d'Eurostar au début de la décennie 2010, la liaison aérienne Paris-Londres a connu une longue glissage, accélérée après 2003 par l'arrivée de la grande vitesse côté britannique

On connaît les avantages comparatifs du train, qui lui permettent d'occuper aujourd'hui 80% de parts de marché sur la ligne : un voyage de centre-ville à centre-ville, des procédures allégées, des tarifs certes élevés mais franchement compétitifs, du WiFi à bord et trois quarts d'émission de CO2 en moins en guise de cerise sur le gâteau. 
Pourtant, après avoir touché le fond en 2010 (moins de 1.7 millions de passagers), le trafic aérien entre Paris et Londres a retrouvé des couleurs, avec 2.3 millions de passagers en 2017. 

Le développement des aéroports secondaires côté londonien a permis de multiplier les options pour les voyageurs d'affaires, une offre low-cost est venu concurrencer le train sur le terrain tarifaire et surtout l'avion reste la solution la plus simple pour rallier le premier (Heathrow) ou le deuxième (Roissy) hub européen. 

Les passagers en interconnexion assurent ainsi le remplissage de près d'un tiers des appareils volant entre Paris et Londres. Bref : au cimetière des éléphants de l'aérien, la ligne Paris-Londres n'est pas près de rejoindre la ligne Paris-Bruxelles, enterrée depuis longtemps déjà par la grande vitesse...
 
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