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Spécial Voyages d'affaires

Julie Troussicot (AirPlus International) : "Il faut un certain nombre d'années pour qu'une tendance BtoC s'impose sur le BtoB"

Julien Hirsinger
09/01/2019

Lancement d'une carte corporate, nouveaux partenariats pour le paiement centralisé : Airplus élargit l'éventail de ses solutions cartes mais n'oublie pas pour autant de préparer un futur résolument mobile. Entretien avec Julie Troussicot, directrice France de Airplus International.


Spécial Voyages d'Affaires : Comment voyez-vous le futur des moyens de paiement ?

Julie Troussicot : Evidemment, comme tout fournisseur de moyens de paiement, nous le voyons profondément digitalisé et mobile, encore plus virtuel qu'il ne l'est aujourd'hui. Le problème, c'est que le marché BtoB est moins mûr que le BtoC sur ce terrain et qu'il reste un gros travail pédagogique à faire pour que le paiement mobile passe au sein des entreprises. 

SVA : Quels sont les freins ?

J.T. : Le premier, c'est l'équipement. Tous les collaborateurs ne sont pas forcément équipés de téléphones portables fournis par l'entreprise. Le second, c'est la sécurité, même si cette crainte n'est pas avérée dans les faits. Et puis l'autre problème, c'est que les providers, qui sont très à l'aise sur le BtoC, ne sont pas encore pliés aux exigences supplémentaires du marché entreprises.
Cela ne suffit pas de remplacer le plastique avec une solution type "wallet" et c'est pourquoi la technologie sur laquelle nous travaillons aujourd'hui est mobile mais aussi intégrée avec les outils de notes de frais. 

SVA : A quelle échéance pensez-vous que ces solutions mobiles pourront s'imposer ?

J.T. : Encore une fois, je pense qu'il faut un certain nombre d'années pour qu'une tendance BtoC s'impose véritablement sur le BtoB. 
Dès lors, si notre année 2019 sera surtout consacrée à l'accompagnement du lancement de notre carte corporate dans 19 pays et à la sortie de la nouvelle version de notre solution de paiement virtuel AIDA, nous travaillons déjà en coulisse sur les lancements 2010, parmi lesquels il y aura des applis mobiles pour le voyageur. Après, je pense qu'il faudra deux ou trois ans pour que ces solutions commencent à se généraliser. 

SVA : Revenons sur terre, aujourd'hui : où en est le réseau d'acceptation de votre carte logée ?

J.T. : Nous continuons à l'élargir car nous pensons que cette carte va rester encore quelque temps le moyen de paiement le plus efficace pour la mobilité. Nous venons, par exemple, de conclure un partenariat avec Booking.com for business. Mais il faut bien comprendre que notre niveau d'acceptation est déjà énorme et qu'il couvre 90% de ce qui est payable en amont dans le voyage. 
Comprendre aussi, qu'une majorité d'entreprises - et même dans le CAC40 - ne sont pas encore parvenues à maturité sur le standard avions/trains/hôtels/location de voitures. 
Après, on peut toujours aller plus loin, vers les taxis, restaurants et les autres frais mais il faut quand même qu'il y ait des volumes suffisants pour que tout le monde y trouve son compte. 

SVA : La première difficulté n'est donc pas technique ?

J.T. : Non, techniquement, nous pourrions le faire. Il s'agit plutôt d'un défaut de besoin réel du marché. Sur certaines de ces dépenses annexes, nous avons même des difficultés à trouver des clients-tests !
En revanche, là où il reste de vraies opportunités, ce sont les achats non-travel comme la téléphonie ou la location longue durée. Là, on parle de gros volumes et cela peut être intéressant à la fois pour le marchand et pour le client. 
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