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Hébergements alternatifs : du monde sur la plateforme

Philippe Charollois
03/04/2019

D'abord orientées vers la clientèle loisirs, les plateformes de réservation d'apparements privés cherchent aussi à séduire la clientèle d'affaires. Même si les TMC relativisent l'importance du phénomène, elles emboîtent le pas des voyageurs professionnels, toujours plus nombreux à répondre présent.


L'hébergement collaboratif a trouvé sa place auprès des voyageurs d'affaires. Ils sont toujours plus nombreux à souhaiter se sentir "comme à la maison" lors de leurs déplacements professionnels.

Cet engouement suit d'ailleurs une tendance générale mesurée par l'INSEE : l'usage des plateformes internet de réservation d'hébergements proposés par des particuliers a encore progressé de 19% en 2017, après une croissance de 25% en 2016. 
Les résultats publiés par les plateformes orientées vers le business travel confirment cet engouement : le nombre de réservations a triplé chez MagicStay en 2018, et Airbnb for Work annonce des progressions du même ordre depuis trois ans. 

Même si ce mode d'hébergement ne pèse pas du même poids dans le voyage d'affaires que dans le loisir, son usage y devient de plus en plus courant. L'an dernier, 29% des voyageurs ont opté au moins une fois pour un hébergement alternatif, selon les résultats de l'enquête "BusinessTravel and Technology" menée par Egencia. 
Mais la marge de progression est sans doute considérable, puisque 44% des personnes interrogées envisagent d'y avoir recours. 

Il reste tout de même du chemin à parcourir avant de convaincre pleinement les entreprises : une étude réalisée par Chrome River indique que plus de la moitié d'entre elles n'ont pas encore intégré les plateformes d'hébergements alternatifs dans leur politique voyages, et qu'elles n'ont pas prévu de le faire. 
La moitié restante est partagée en deux : 25% ont déjà intégré l'usage de ce type d'hébergements, 25% prévoient de le faire. 

Bleisure, longs séjours et effets "groupe"

Le choix d’un hébergement privé n’est pas le fait du hasard. D’après les résultats de l’enquête réalisée en 2016 pour le compte de MagicStay par la société MRC auprès de plus de 600 professionnels en déplacement, trois motivations principales émergent dans les attentes des voyageurs d’affaires ayant fait le choix d’un hébergement alternatif : la tranquillité arrive en premier (49,2 % des répondants), avant le confort (45,7 %) et le prix (44,4 %), qui ne se classe donc qu’en troisième position.

La liste des équipements jugés souhaitables est assez disparate : elle débute par la présence d’une indispensable connexion WiFi (83,8 % des répondants), d’une place de parking (65 %), mais aussi d’une télévision (60,6 %), d’une table de travail (59,9 %), d’une cuisine équipée (45,4 %), d’un ménage quotidien (44 %) et d’une imprimante (36 %).

Ces attentes semblent exaucées, puisque 87,5 % des sondés considèrent que la location d’un appartement a rendu leur séjour plus agréable.

Au-delà de ces facilités, tous les observateurs s’accordent sur un point : le développement du « bleisure » joue un rôle important dans l’adoption de ce mode d’hébergement, de même que la recherche d’une expérience plus « locale ».
La preuve : Airbnb a pu constater que près de 60 % des voyages d’affaires réservés via sa plateforme intégraient des nuits de week-end.
 
« Les utilisateurs ont souvent des amis étrangers, qu’ils souhaitent recevoir comme à la maison », confirme Valéry Linÿer, le créateur de MagicStay, qui ajoute : « L’envie de confidentialité est également importante, pour rester discret sur ses accompagnants dans le cadre d’un voyage bleisure, ou pour ne pas être vu de ses concurrents et de ses fournisseurs dans le cadre d’un salon. »

Au même titre que les voyages « longue durée », les voyages en groupe constituent l’autre moteur de cet essor de l’hébergement alternatif dans le voyage d’affaires : au cours de l’année écoulée, près de 60 % des réservations pour voyages d’affaires sur Airbnb comptaient plus d’un voyageur, et sur ces 60 %, près de 40 % comptaient trois voyageurs ou plus, selon la plateforme.

Conformité requise

Mais pour confirmer leur progression et achever de séduire les entreprises encore réticentes, les plateformes doivent répondre aux exigences corporate : un accès facile aux stocks de logements, la possibilité d’offrir une consolidation des données en vue d’un reporting détaillé, des facturations et des paiements centralisés.

Les plateformes qui cherchent à capter le business travel affirment avoir fait le nécessaire en la matière. Elles se disent également capables d’apporter des réponses adaptées à deux points cruciaux : la gestion du risque et le respect de la politique voyages.
« Nous sommes bons même sur les politiques voyages les plus complexes, affirme Valéry Linÿer, le créateur de MagicStay, c’était pour nous une obligation si nous voulions séduire les grands comptes, très exigeants en la matière. Il en va de même pour la sécurisation des données.»

La gestion du risque n’a pas été négligée non plus, puisque MagicStay a développé un ensemble de procédures regroupées sous l’appellation TRUSTAY.
Les hôtes doivent se soumettre à une vérification d’identité sur le site IDCheck.io, et chaque appartement loué doit disposer d’un ensemble complet de dispositifs de sécurité (alarme, détecteur de fumée, trousse de premiers soins, extincteur, coffre-fort, etc.). Les numéros d’urgence sont également clairement indiqués.

Booking en vue

Pour les cas les plus graves, MagicStay bénéficie également de son partenariat avec International SOS. De son côté, Airbnb for Work a développé son propre outil de tracking et signé des partenariats avec les principaux acteurs en matière de sécurité, comme International SOS ou WorldAware (ex-Ijet).

Si les plateformes répondent à toutes les exigences requises par les entreprises et leurs TMC, l’hébergement collaboratif devrait devenir plus une alternative crédible à un séjour à l’hôtel, d’autant plus que d’autres géants de la réservation y viennent aussi : lors de la dernière conférence Phocuswright, Glenn Fogel, le PDG de Booking Holdings n’a pas caché ses intentions de voir booking.com dépasser Airbnb sur son propre terrain.

Avec un affichage en parallèle sur les mêmes outils de réservation, la confrontation entre un séjour à l’hôtel et son alternative en appartement va devenir encore plus directe. Et pas sûr du tout que ce soit à l’avantage de la première option...
 
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