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CWT : "des économies, oui, mais plus à n'importe quel prix"

03/12/2019

Développement des outils, mesure de l’engagement et quête de sens : plongée au coeur du rapport « 2020, future trends » avec Gwenaël Mulin, qui assure depuis novembre 2018 la direction France de la filiale de CWT dédiée aux réunions et événements.


Voyages d'Affaires : Pouvez-vous résumer en deux tendances les évolutions qui ont cours sur le marché des événements ?

Gwenael Mulin : La première, c’est que la technologie est de plus en plus présente, dès le départ. Tout passe par là, désormais. Quand on est un organisateur d’événements, on va interroger un lieu via la technologie. Après, tout va se décliner de cette manière-là et on est de plus en plus sollicités sur ce terrain, que ce soit pour des applications, du booking online, du virtuel... L’autre grand changement, c’est l’importance grandissante de « l’expérience participant ». L’événement ne peut plus se résumer à un message descendant, ça, c’est has been. Aujourd’hui, ceux qui se rendent à un événement veulent être actifs, pouvoir donner leur avis et surtout vivre quelque chose de vraiment particulier, d’inédit.

VA : De quels outils dispose-t-on aujourd’hui pour mesurer l’engagement des participants ?

Gwenael Mulin : Cela se mesure bien sûr via les applications, l’interaction avec les réseaux sociaux extérieurs. C’est ça, pour l’instant, qui nous permet d’avoir des statistiques. Maintenant, on ne va pas mettre sur les réseaux sociaux une appréciation négative sur la prestation de son patron sur scène... Il faut donc développer d’autres outils qui permettent de mieux capturer la donnée émotionnelle. On commence à le faire grâce à la captation par caméra, dans le respect de l’anonymat évidemment. C’est un peu difficile à mettre en place puisqu’il faut quand même obtenir l’autorisation des participants, mais c’est intéressant car cela donne une vision peut-être plus réaliste de l’impact de l’événement. Un rictus, un sourire, un signe d’indifférence : c’est de l’émotion, on ne triche pas avec ça.

VA : Du côté des incentives, ce souci de « l’expérience participant » favorise quels types d’événements ?

Gwenael Mulin : Le voyage de récompense « traditionnel » dans les endroits les plus luxueux n’a plus tellement la cote... Il faut qu’il y ait quelque chose qui marque les participants, qui leur donne le sentiment qu’ils n’auraient pas pu faire ça à titre individuel, et pas seulement pour des raisons financières. Le symbole, c’est l’essor des learning expeditions. J’ai en tête un événement récurrent, mis en place par un chocolatier, qui organise des voyages où se côtoient collaborateurs et clients afin de voir, sur place, comment est cultivé le cacao, comment il est récolté, comment vivent les populations locales... Il y a eu plusieurs éditions, à Madagascar, au Pérou, au Brésil… Sur tous les cas présentés aux Awards du salon Heavent, c’est vraiment celui qui est sorti du lot, pour le jury comme pour le public.

VA : Cette recherche de l’événement extra-ordinaire ne rentre-telle pas en contradiction avec l’objectif de réduction des coûts ?

Gwenael Mulin : Bien sûr, on veut toujours faire des économies, mais plus à n’importe quel prix ! C’est surtout par la globalisation, la rationalisation, la technologie que l’on cherche aujourd’hui à réaliser ces économies. Sur des gros événements, le fait d’avoir des outils de réservation en ligne dans lesquels chacun précise ses besoins et s’inscrit a déjà permis de réduire significativement la charge de travail. Mieux vaut économiser là que sur le contenu.
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